2022 – Semaine 44

Les œuvres d'art vandalisées

 

Après le tableau « Les Tournesols » de Vincent Van Gogh qui fut aspergé le 14 octobre de soupe à la tomate à la National Gallery de Londres ce fut le tour le 23 octobre du tableau « Les Meules » de Claude Monet qui lui reçut de la purée de pommes de terre (plutôt liquide) au Musée Barberini, près de Berlin puis celui de « La Jeune Fille à la Perle » de Vermeer au Musée Mauritshuis à La Haye le 27 octobre (de la colle forte). Ces actions ont été réalisées pour le premier tableau par 2 activistes de « Just Stop Oil » qui demandaient l’arrêt immédiat de tout nouveau projet pétrolier ou gazier au Royaume-Uni, pour le second par 2 activistes du mouvement allemand « Dernière Génération » qui ont agi « pour faire que la société se souvienne que la course aux énergies fossiles nous tue tous » et pour le troisième par des militants portant des tee-shirts « Just Stop Oil ». A noter que dans les 3 cas il n’y a eu aucun dommage, à part le cadre du Monet légèrement altéré, les tableaux étant protégés par des vitres. Ce ne sont pas les seules actions de ce genre d’activistes climatiques puisqu’ils s'étaient déjà intéressés cette année aux tableaux « Pêchers en fleurs » de Vincent Van Gogh à Londres le 30 juin, « La Charrette de foin » de John Constable toujours à Londres le 4 juillet et « Le Printemps » de Boticelli à Florence le 22 juillet. Il semble donc que ce soit devenu une habitude. Toutefois puisqu’aujourd’hui tous les tableaux importants sont désormais protégés ceux qui les attaquent ne prennent pas vraiment le risque d’être sévèrement condamnés dans la mesure où ils ne dégradent pas les œuvres. Par contre par le passé les choses étaient sérieuses comme par exemple pour « la Vénus à son miroir » de Diego Vélasquez qui fut lacérée avec un hachoir à Londres en 1914 par une suffragette ou « Guernica » de Pablo Picasso qui fut victime en 1974 d’un acte de vandalisme, plus précisément une inscription sur le tableau d’un message à la peinture rouge pour protester contre la guerre du Vietnam.
Mais de nos jours les jets de nourriture (ou autres) sur les vitres des tableaux n’ont pas vraiment de conséquence fâcheuse puisqu’une simple éponge est nécessaire pour remettre les choses en l’état. Et ça les activistes climatiques l’ont bien compris car à partir du moment où ils ne détériorent pas les tableaux ils ne peuvent attirer sur eux la haine du public et ce d’autant moins qu’ils agissent pour une noble cause qui est la défense de l’environnement et veulent simplement attirer l’attention. D’où la multiplication des actions de ce genre qui pourtant, si elles devenaient trop nombreuses et trop fréquentes, pourraient finir par lasser. Il est même possible qu’un jour les journalistes, eux aussi excédés par ces petits actes de vandalisme quotidiens, décident de ne plus en parler.
Concernant l’utilité des messages que les activistes climatiques veulent délivrer en agissant comme ils le font, on ne peut, quand ils nous parlent des énergies fossiles, qu’être réservé dans la mesure où nous sommes actuellement dans une phase de transition énergétique et que tout le monde est déjà convaincu mais je crois qu’il nous faut comprendre que tout ceci s’inscrit dans un contexte où puisque l’on a répété tant et plus à ces jeunes qu’il existait une urgence climatique on leur a donné l’envie d’agir mais, ne sachant pas trop que faire d’autre, ils pensent qu’agir consiste à « alerter ». C’est pourquoi ils gaspillent un peu de nourriture (sans doute bio) en la jetant sur les vitres de protection de tableaux célèbres dans les musées pour créer l’événement et ainsi délivrer un message destiné à informer, comme s’il en était encore besoin, les quelques personnes ne sachant pas qu’il existe une urgence climatique. Bref tout ceci ne sert pas à grand-chose sinon à « amuser la galerie ». Quant aux activistes français qui voudraient s’en prendre à « La Joconde », il leur faut savoir qu’un Bolivien lança une pierre sur le tableau en 1956, lui endommageant le coude gauche, et qu'elle fut alors placée dans un caisson de protection spécial si bien que la tasse à thé lancée en 2009 par une visiteuse s’est brisée contre la vitrine blindée et que l’entartage de mai dernier d’un homme déguisé en paraplégique en fauteuil roulant et ayant franchi le cordon de sécurité que les visiteurs ne doivent normalement pas dépasser, a été solutionné en nettoyant le verre pour enlever la crème, l’auteur des faits après avoir déclaré « Il y a des gens qui sont en train de détruire la Terre (…) Tous les artistes, pensez à la Terre. C’est pour ça que j’ai fait ça. Pensez à la planète », ayant été conduit à l’infirmerie psychiatrique de la Préfecture de police.

 
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