2022 – Semaine 5

Blanche-Neige fait du ski

 


Tout a commencé quand la Walt Disney Company a décidé de faire un remake en « live-action » (comprendre en prises de vues réelles) de son long-métrage d'animation « Blanche-Neige et les Sept Nains », datant de 1937. On pourrait bien sûr s’interroger sur la nécessité de créer ce nouveau film et sur le fait que cela pourrait faire croire à certains que l’histoire a totalement été inventée par Disney, mais là où tout a dérapé c’est qu’un acteur nain américain, dont je tairai le nom pour ne pas lui faire de la publicité contreproductive, informé de ce projet, a déclaré qu’il s’agissait là d’une « représentation arriérée de nains qui vivaient ensemble dans une grotte ». Disney alors, après avoir consulté les membres de la communauté du nanisme, a décidé, pour ne pas reproduire les stéréotypes du film d’animation original, de remplacer les nains par des « créatures magiques », sans que l’on en sache davantage pour l’instant concernant ces créatures sauf qu’elles ne seront pas de petite taille.
Ce qui est intéressant, outre le fait que l’acteur nain n’a peut-être pas réalisé, même s’il a peut-être la chance de jouer des rôles intéressants, qu’il doit souvent être engagé avant tout grâce à ses particularités physiques, c’est que ce qui était jadis acceptable en dessin animé ne l’est plus aujourd’hui en prises de vues réelles avec de vrais acteurs. Bien sûr présenter 7 frères nains, qui ont atteint l’âge adulte, qui vivent ensemble dans une chaumière située dans la forêt et qui travaillent dans une mine, sans aucun contact extérieur et relations amoureuses, n’est pas vraiment une façon d’améliorer l’image que l’on peut avoir des personnes de petite taille mais ne plus les montrer, sauf peut-être en super-héros (une idée déjà utilisée par Marvel), n’en est peut-être pas une non plus.
Quoi qu’il en soit tout ceci se situe dans un contexte particulier car le monde du cinéma américain est largement imprégné d’idées progressistes, que l'on rencontre surtout chez les démocrates, et qui, en plus des particularités physiques, comme c’est le cas ici, concerne aussi souvent l’appartenance ethnique. Sans s’attarder sur l’actrice qui jouera le rôle de Blanche-Neige dans ce prochain film qui est, selon les critères américains, une actrice métisse (en réalité mère colombienne et père polonais), ce n’est sans doute pas un hasard, même si l’on peut s'interroger sur l'utilité d'une telle décision, si Disney a choisi une actrice noire pour le rôle principal du film « La Petite Sirène » également en « live-action » actuellement en tournage et inspiré du conte du même nom du danois Anderson.
Je veux dire par là que les Américains ont des problèmes qui leur sont propres concernant par exemple les personnes de couleur, pourtant intégrées depuis des générations, ou originaires d’Amérique latine, problèmes qu’ils essaient de résoudre en particulier à travers leurs films mais qu’ils oublient qu’ils exportent ces films dans le monde entier, dans des pays qui ne connaissent pas la même situation que celle des États-Unis et que, ce faisant, ils risquent parfois de heurter les habitants de ces pays.
Même s’il ne s’agit pas encore d’un film, Superman, lui, va devenir bisexuel dans une prochaine BD qu’une des principales maisons d’édition américaines de comics va diffuser partout dans le monde.
L’on peut donc se demander à quoi servent certaines idées progressistes, dans les domaines qu’elles abordent (handicap, sexualité, racisme etc.), si elles manquent complètement leur but qui est de convaincre le public qu’il faut être tolérant et avoir l’esprit ouvert et qu’au contraire elles créent des sentiments d’indignation et de rejet surtout là où des idées réactionnaires sont en progression.
Pour en revenir à Disney, il faudra sans doute attendre qu’un nombre important de spectateurs boycottent ses films pour que cette entreprise de divertissement comprenne enfin qu’il serait peut-être temps de mettre un frein à ses initiatives progressistes excessives. Et, en attendant le baiser scandaleux, car « non consenti », du Prince, Blanche-Neige, elle, fait du ski comme il se doit.

 
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