Septembre 2023

Le rendez-vous de 2027

 
Image 1La déclaration de Darmanin - cliquez !

Sans attendre 2027 ou du moins les quelques mois précédant la future élection présidentielle l’on vient déjà d’assister, en plein été et presque 4 ans à l’avance, à des positionnements de la part de quelques individus appartenant au clan des « amis de Macron » se disant prêts à être candidats ou étant encouragés à l’être. Bien sûr le sujet est important car il semblerait que l’on n’aura le choix le moment venu qu’entre la continuité macronienne et un candidat du Rassemblement National ou éventuellement un candidat de La France Insoumise opposé à l’un des deux. Une peur intense qu’un candidat RN succède à Macron expliquerait l’anticipation actuelle comme pour permettre aux Français de réfléchir pendant des années et de réaliser qu’ils n’auront d’autre alternative que d’élire un « ami de Macron » ou de sombrer dans le chaos que nous apporteraient les partis extrêmes. Ceci étant il faut tout de même réaliser que Macron, en plus de sa manière assez médiocre de gouverner, aura réussi en 10 ans à considérablement affaiblir le camp des modérés surtout avec sa volonté d’intégrer des personnalités de droite et de gauche qui a semé la confusion dans l’esprit des Français. On peut donc dire qu’à cause d’un paysage politique altéré il s’agira d’un choix impossible et que si un « ami de Macron » devenait président cela ne ferait que perpétuer une situation anormale favorisant les partis extrêmes.
Quoi qu’il en soit un certain nombre de personnalités comme Édouard Philippe, Bruno Le Maire ou Gérald Darmanin ont déjà évoqué l’éventualité de leur candidature et quelques articles ont été publiés. Le problème est qu’annoncer une possible candidature est une chose mais qu’elle ait des chances de réussir en est une autre. Or à mon avis aucun des possibles candidats des « amis de Macron » n’aurait des chances de l’emporter en 2027. Pour qu’un candidat puisse être élu il faut qu’il se qualifie au premier tour, ce qui n’est pas garanti, mais il faut aussi qu’un certain nombre d’électeurs qui ne partagent pas forcément ses idées votent pour lui au second tour, ce que l’on appelle le « Front républicain » en cas de duel contre l’extrême droite. Par exemple pour Darmanin, le favori de Sarkozy, qui peut croire qu’un nombre important de sympathisants de la NUPES voteraient pour lui plutôt que de s’abstenir en oubliant son image musclée de ministre de l'Intérieur ? Édouard Philippe, lui, aurait comme handicap d’avoir annoncé la retraite à 67 ans et le masochisme des Français qui ont déjà du mal avec la retraite à 64 ans ne sera peut-être pas assez grand pour les convaincre de voter pour lui. Quant à Bruno Le Maire, qui semble exceller à son poste de ministre de l'Économie, il n’est pas certain qu’il puisse quitter sa bulle et devenir un candidat crédible faute de s’exprimer sur des sujets non économiques comme ceux sensibles de l’insécurité ou de l’immigration. Il resterait comme éventuels autres candidats pressentis Gabriel Attal - trop juvénile, François Bayrou - trop âgé et une casserole, et peut-être aussi Yaël Braun-Pivet dont on se souviendrait de l’attitude particulière qu’elle a eue pour la réforme des retraites. Et sans parler, puisque c’est inutile, des éventuelles difficultés que ces candidats auraient pour trouver une majorité s’ils étaient élus, il faut dire qu’il semble évident qu’ils ne pourraient tout simplement pas l’emporter s’ils accédaient au second tour.
Dans ces conditions il faudrait bien sûr trouver quelqu’un d’autre que les prétendants actuels. Et comme la continuité macronienne n’est pas une chose souhaitable car elle enserre un modeste bloc modéré entre 2 blocs extrêmes pourquoi ne pas envisager l’émergence d’un autre candidat modéré, même sans parti, du moins au départ, n’appartenant pas aux « amis de Macron », opposé à l’augmentation sans fin de l’âge de départ à la retraite et à la faiblesse de la politique macronienne en matière d’insécurité et d’immigration ? Et cela est théoriquement possible puisqu’il reste plus de 3 ans et demi avant la prochaine présidentielle. Sinon le RN accédera à la présidence, à moins que cela ne soit un candidat de La France Insoumise qui nous ferait alors découvrir les merveilles de sa 6ème République ou ô surprise un « ami de Macron » malgré tout même si l’on ne voit pas comment cela pourrait se produire étant donné les circonstances qui prévaudront alors. Bref vous l’avez compris selon moi rien ne va et le choix entre un candidat des « amis de Macron », un candidat RN ou éventuellement LFI est un choix impossible. Il nous faut donc trouver une solution pour sortir de cette « nasse » où nous sommes enfermés.

 
 
 
 
   
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