2022 – Semaine 22

No more gun in the USA

(Plus d’armes à feu aux États-Unis)

 


Si les États-Unis ont été et sont toujours pour nous un modèle dans de nombreux domaines, entre autres pour la production audiovisuelle, l’informatique ou divers secteurs de la vie quotidienne (même si la « qualité » n’est pas toujours au rendez-vous quand ils nous exportent par exemple la mode des tatouages), concernant la législation des armes à feu nous ne pouvons que constater que ce pays en est encore à un stade moyenâgeux. Et les tueries se succédant l’on reparle régulièrement de l’aberration qui consiste à continuer de permettre aux Américains de posséder des armes à feu malgré tous les morts et blessés qu’elles causent.
Les conditions pour détenir et même porter une arme à feu diffèrent un peu selon les États mais, pour simplifier, disons que si l’on a 21 ans (parfois moins), un casier judiciaire vierge et si l’on est supposé être sain d’esprit, l’on peut acheter très facilement une arme à feu. D’ailleurs 30 % des Américains, soit environ 100 millions de personnes, posséderaient une arme à feu, 65 millions, 2 ou plus et 30 millions au moins 5 avec un nombre total d’armes à feu s’élevant à 350 millions. Et comme le droit pour tout citoyen américain de détenir des armes est inscrit dans le deuxième amendement de la Constitution américaine, en théorie « pour protéger son domicile et pour se défendre », malgré tous les meurtres qui ont lieu à cause de cette « tolérance », malgré les fusillades à répétition qui sont souvent l’œuvre de jeunes désaxés et qui peuvent même, comme celle qui vient de survenir au Texas, toucher de jeunes enfants, rien ne semble pouvoir changer.
Il faut dire que sur cette question des armes les avis sont partagés, les démocrates étant principalement pour leur interdiction et de nombreux républicains pour le maintien des choses en l’état. Ajouté à cela l’existence du lobby pro-armes, la NRA (National Rifle Association), qui est très puissante, qui n’hésite pas parfois à financer certaines campagnes électorales et dont la position consiste à rappeler que le deuxième amendement doit être absolument respecté et que, suite aux diverses fusillades qui ont lieu, la solution est d'armer les personnes susceptibles d’être attaquées, en disant par exemple pour le Texas qu’il aurait fallu que le personnel de l’école ait été suffisamment armé.
Ceci étant aux États-Unis 45.000 personnes sont tuées chaque année par des armes à feu avec un taux d’homicide 25 fois plus élevé que ceux des pays à revenu élevé où les armes sont interdites et pour comprendre comment cela peut se produire, il nous suffit d’imaginer ce qui pourrait se passer chez nous si, comme aux USA, nous avions à notre disposition une arme à feu pour régler les divers différends de notre vie quotidienne.
Donc aux États-Unis cette anomalie risque de continuer indéfiniment mais il existerait peut-être une façon de progressivement faire changer les choses. En effet il est à noter que les taxes concernant les armes à feu sont, dans les États où elles existent, ridiculement faibles, 25 dollars pour posséder par exemple un pistolet Smith & Wesson de 9 mm avec chargeur de 17 cartouches coûtant 500 dollars. La solution que je suggère à tout visiteur et décideur américain qui pourrait lire ces quelques lignes serait d’instaurer au niveau national, donc pour tous les États, une taxe plus élevée (au minimum 20 % de la valeur de l'arme) et fixée en fonction des revenus du propriétaire de l’arme à feu. Bien sûr la NRA crierait au scandale mais les taxes pourraient finir par être acceptées car le deuxième amendement serait pour l’instant toujours respecté. Bien sûr cela n’empêcherait pas les Américains de continuer à acheter des armes à feu, sans doute en quantité égale, mais cela aurait l’avantage de sensibiliser les possesseurs d’armes à feu qui, en payant leur taxe, sauraient que les armes sont taxées car elles sont « dangereuses » et peut-être qu’un jour, quand les républicains comprendront aussi qu’il faut à tout prix se débarrasser des armes à feu, il sera plus facile, grâce à cette « préparation », de les interdire. Tout ceci, bien sûr, en tentant de répondre aux interrogations et aux craintes du public américain, en le renseignant sur les moyens existant (ceux que nous utilisons) pour « protéger son domicile et pour se défendre » sans avoir recours aux armes à feu.

 
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